Tu te poses la question : est-ce que je dois foncer sur l'éditorial ou le commercial ? Bonne nouvelle : ce n'est pas un choix définitif, mais ça change tout pour ta stratégie. Voici ce qui se passe vraiment dans ces deux univers — et comment les agences voient chaque profil.
La différence claire (sans prise de tête)
Éditorial, c'est les magazines, les fashion weeks, les brands de luxe. On y cherche des silhouettes atypiques, de la personnalité, du "wow". Pense Vogue, look books Céline, castings Fashion Week Paris.
Commercial, c'est les publicités, les catalogues, e-commerce, marques grand public. On cherche des profils accessibles, souriant, relatable. Le sourire compte. T'es sympa, t'as l'air d'une vraie personne.
La clé ? Les profils recherchés ne sont pas les mêmes.
En éditorial, les agents cherchent des traits distinctifs. Un peu anguleux ? Parfait. Un regard intense ? Tu vas marquer. Des tatouages visibles ? Ça peut être un atout. L'idée, c'est de créer des images qui marquent les esprits.
En commercial, c'est l'inverse. Tu dois être approchable, sympa, vendeur. Ton sourire, ta douceur, ta confiance = ce qui vend des produits. Les brands veulent que les clients s'identifient à toi.
Les revenus : la vraie question
Ok, parlons fric, parce que c'est important.
Commercial paie mieux au quotidien. Une campagne e-commerce, c'est du cash régulier. Un catalogue Carrefour, c'est du boulot stable. Des publicités TV (même locales) et tu fais du bon argent rapidement.
Un mannequin commercial débute souvent avec du 300-500€ par day pour de la photo de produit. Les gros contrats (catalogues national) peuvent te monter à 1000-2000€ par session.
Éditorial, c'est plus lent mais plus prestigieux. Au début, tu fais du shooting test (gratuit ou mini cachés 100-200€) pour développer ton book. Mais une fois que tu rentres dans la machine — fashion weeks, éditoriaux Vogue, lookbooks de luxe — tu commences à compter en milliers.
Le truc important : En éditorial, le prestige = portes ouvertes. Tu fais une fashion week, les agents te contactent. Tu es dans Vogue, les brands de luxe te veulent. Le commercial, c'est des revenus immédiats. L'éditorial, c'est du long terme avec des retours spectaculaires une fois lancée.
Exemples concrets par marché français
Éditorial :
- Casting vogue.fr / magazine féminins (Cosmopolitan, Grazia)
- Fashion Week Paris, fashion shows
- Brands de luxe (Dior, Chanel, Miu Miu lookbooks)
- Editoriaux de magazines spécialisés
Commercial :
- Agences spécialisées comme Sight, Why Not, View
- Catalogues grandes surfaces (Carrefour, Monoprix, Auchan)
- Publicités internet et TV
- E-commerce (ASOS, Zalando, marques de vêtements en ligne)
Et si tu faisais les deux ? La stratégie mixte
C'est ultra courant — et honnêtement, c'est souvent la meilleure option.
Beaucoup de mannequins commencent en commercial pour générer du revenu pendant qu'ils bâtissent leur book éditorial. Ça marche. Tu te payes tes shootings test, tu accumules des photos de qualité.
Après, une fois que tu as des pages éditoriales solides, certains font du commercial de luxe (catalogues Mango, COS, de vrais budgets). C'est le sweet spot : prestige + argent.
La clé : tes profils éditoriaux et commercial peuvent coexister. Juste fais attention à ton book — c'est là que c'est décisif.
Comment ton book doit refléter ton positionnement
Si tu vises l'éditorial : Book minimal, images fortes, silhouette, regard, textures. Pas besoin de 50 photos — 15-20 images percutantes suffisent. Les marques de luxe cherchent la cohérence artistique, pas la quantité.
Si tu vises le commercial : Book diversifié, sourire, attitude cool, vêtements variés (casual, formel, sportif), situations du quotidien. Montre que t'es flexible.
Si tu fais les deux : Deux sections dans ton book. Ou deux books carrément (une version "éditorial chic" et une version "commercial friendly"). Ça paraît fake ? Non. C'est professionnel.
L'évolution de carrière : comment ça se passe
L'ascension classique ? Commercial → éditorial.
Tu débutes en commercial, tu te construis une stabilité financière, tu développes ton expérience. Après 1-2 ans, tu as un book solide (oui, même des photos commerciales marchent), et tu commences à castinger des trucs plus éditoriaux.
L'inverse existe, mais c'est rare — éditorial → commercial. Pourquoi ? Parce que rentrer en éditorial demande des traits physiques très spécifiques. Si tu rentres par cette porte, passer au commercial après est plus facile (tu as déjà de belles images), mais ce n'est pas le path classique.
La question finale : comment tu décides ?
Regarde-toi honnêtement.
- T'as des traits distinctifs (traits fins, charpente intéressante, regard singulier) ? Vise éditorial.
- T'es plutôt approachable, sourire facile, vibe accessibles ? Commence commercial.
- T'as les deux ? Fais une stratégie mixte — c'est du pro.
Un conseil : Demande à ton agent ce qu'il voit en toi. Sérieusement. Les bons bookers voient le profil avant même que tu y aies pensé. Fais confiance à leur expérience.
En France, les agences de taille intermédiaire (pas Elite Paris, mais des solides) peuvent te dire : "Tu rentres mieux en commercial parce que… " ou "Ton éditorial peut marcher si tu fais un bon book d'essai."
TL;DR : L'éditorial = prestige + portes ouvertes + revenu lent. Le commercial = argent rapide + stabilité. La meilleure stratégie ? Commence par ce qui te correspond, puis mélange les deux une fois que t'as de l'expérience.